La lutte par les lanières d'amitraze
Vos revues et votre Syndicat vous rappellent régulièrement que vous devez traiter vos colonies contre le parasite varroa
jacobsoni, autrement dit l'acarien
varroa. Ce parasite piqueur de nos abeilles, genre de poux qui vit sur l'abeille
adulte et se reproduit dans les alvéoles du couvain, maintenant bien installé chez nous,
n'est a priori pas destiné à disparaître naturellement. Il affaiblit
l'abeille adulte en lui suçant l'hémolymphe et provoque des anomalies au
niveau des ailes qui sont atrophiées sur le couvain naissant.Il faut donc impérativement traiter toutes ses
colonies au moins deux fois par an pendant six semaines environ, bien entendu en dehors
des miellées pour éviter une pollution du miel, afin de maintenir un taux
d'infestation minimal. Un traitement bi-annuel planifié simultané de tous les
ruchers d'une même zone géographique améliore encore l'efficacité.
Pour l'amateur peu compétent il n'est pas toujours très facile de
savoir si son cheptel est infesté, néanmoins l'examen du couvain naissant permet
habituellement sans difficulté de découvrir des abeilles aux ailes atrophiées, les
abords de la ruche permettent également de découvrir ces mêmes abeilles traînantes.
Parfois on aperçoit les parasites sur l'abeille, il fait environ un millimètre de
diamètre et sa forme rappelle un ballon de rugby que l'on aurait coupé en deux. Sa
couleur varie dans les tons rouges ou marrons.
Le moment le plus favorable est évidemment lorsqu'il n'y a que peu ou
pas de couvain et peu d'abeilles, néanmoins il convient que la température
extérieure ne soit pas trop froide pour que la grappe d'abeilles ne soit pas encore
figée. On opèrera donc une première fois à la reprise de la ponte, c'est une
période très propice car le couvain n'est pas encore operculé ou très peu et une
seconde fois après la récolte, à partir du 15 septembre.
Leslanières actuelles sont à base
d'amitraze et non plus de fluvalinate ceci afin de prévenir une éventuelle
résistance du parasite au fluvalinate qui aurait été constatée dans certains ruchers.
Personnellement, sur environ 50 ruches visitées à fond, je n'ai pratiquement pas
trouvé de colonies infestées au-delà de l'admissible après deux traitements
annuels et avec des lanières efficaces.
Dernier point important, un certain nombre d'apiculteurs, peut-être la
moitié fabrique lui-même ses "lanières" à l'aide de bois de cagettes
trempées dans une solution de klartan. Cette façon de faire me paraît à déconseiller
fortement. Certes, la molécule de fluvalinate n'a pour l'instant pas fait parler
d'elle mais sait-on jamais, de nombreux produits chimiques se sont révélés
toxiques seulement 20 ans ou plus après leur première utilisation (cas par exemple du
DDT). La raison pour laquelle il faut préférer les lanières commerciales tient à la
très faible quantité de produit actif libérée dans la ruche réduisant ainsi à peu de
chose les risques pour la santé humaine. Typiquement cette quantité s'exprime en
centaines de nanogrammes (millionièmes de milligrammes) par kilogramme de miel ou de cire
pour ces dernières alors que les bois de cagettes en libèrent sans doute des milliers de fois
plus avec des risques potentiels inconnus à l'heure actuelle.
J. Huberson, Agent sanitaire.
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